La nudité et le nu

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Repos et désirs ou la bacchante par Félix Truta (1845)

J’aurais voulu aimer Game Of Thrones que plusieurs de mes ami-e-s suivent assidûment chaque semaine. Qu’une série dépeignant un monde fantastique inspiré du Moyen-Âge arrive à leur plaire est en soi un exploit. En effet, l’esthétique Donjon et dragons n’est habituellement pas leur tasse de thé. Mais comme j’ai confiance en leurs goûts, je me suis tapé plusieurs épisodes avant de déclarer forfait. Malgré l’intrigue enlevante de GOT, j’ai l’impression d’être plongée, bien malgré moi, dans le fantasme d’un adolescent «geek» aux prises avec ses hormones. Aux combats, à la trahison et à la sorcellerie habituels, sont juxtaposés des corps de femmes nues à profusion. Des seins et des fesses en rafale plaqués de manière décorative pour titiller le spectateur, sans que cela ne serve le récit. Avant qu’on me traite de pudibonde, je tiens à spécifier que je n’ai rien contre la nudité. C’est le recours à un certain type de nudité qui me lasse. Car, on le verra ici, tout est dans la manière.

En 1972, le critique d’art britannique John Berger a écrit un essai passionnant intitulé Ways of seeing, dans lequel il établit une distinction entre la nudité et le nu. Sa théorie prend la tradition du nu dans la peinture européenne (qui commence au 15e siècle et se termine au 20e siècle) comme point d’ancrage. La grille d’analyse de Berger peut s’avérer pertinente pour examiner l’usage de la nudité dans les médias contemporains tels que les séries télé. Selon Berger, la nudité signifie être soi-même, sans vêtements. Le nu, c’est s’exposer au regard du spectateur et en être conscient-e. Dans le nu européen, le peintre et le spectateur-propriétaire sont habituellement des hommes et les sujets sont généralement des femmes. Le sujet du nu n’est pas reconnu pour ce qu’il est : au contraire, il est objet de désir pour l’homme qui le regarde. D’ailleurs, le regard du sujet féminin est le plus souvent tourné vers celui-ci. Même si la femme nue est parfois entourée d’autres personnages, c’est pour le spectateur qu’elle existe, c’est à lui qu’elle cherche à plaire.

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Bacchus, Cérès et Cupidon par Hans Von Aachen (1552-1615)

Berger affirme que dans la culture des Européens privilégiés, une femme était d’abord et avant tout considérée comme un spectacle destiné à être regardé par les hommes. Les images de nus sont donc conçues pour s’adresser à la sexualité de l’homme et n’ont rien à voir avec la sexualité de celles qui y sont représentées. Ces dernières ne sont pas là pour exprimer un appétit sexuel qui leur est propre, mais plutôt pour nourrir celui du spectateur masculin. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, ces nus ne sont pas un hommage à la femme qui est peinte, à ce qu’elle est, mais plutôt une célébration du regard de l’homme qui la voit, de sa sexualité à lui.

Donc, pour récapituler, la nudité signifie être nu-e pour soi-même, sans costume, tandis que le nu signifie prendre un corps pour le mettre en vitrine. Selon Berger, le nu est une autre forme de vêtement, puisque destiné à être une performance pour le spectateur, il occulte la personnalité de son sujet. Berger affirme qu’être en vitrine, c’est voir la surface de sa peau et les poils de son corps transformés en costume. Je n’ai pu m’empêcher de penser aux «Femmes-Vulves» dont parlait Nelly Arcan dans son roman À ciel ouvert. Ces femmes qui, à force d’acharnement esthétique, finissent par être entièrement recouvertes de leur propre sexe et qui disparaissent derrière. Comme les femmes dans le nu européen, les «Femmes-Vulves» d’Arcan ont beau s’étaler devant les regards, on ne les voit pas pour ce qu’elles sont.

Le nu n’est pas confiné à la peinture : on le retrouve également dans les médias, dans certaines poses, dans certains gestes. Selon la blogueuse féministe Meghan Murphy, notre société croit que les femmes sont là pour être regardées et que l’utilité première des représentations de leur corps est d’exciter sexuellement. Elle croit par contre que la nudité peut être autre chose qu’une performance offerte au regard masculin. Cela dépend du contexte de la scène et surtout de l’angle de la caméra. Elle cite la série Girls en exemple. Hannah Horvath, le personnage principal interprété par Lena Dunham (qui est aussi la réalisatrice) apparaît souvent sans vêtements. Son physique ne correspond pas aux canons de la beauté ; on la voit dans des positions où elle est complètement à l’aise ; les éclairages ne servent pas à mettre son corps en valeur ; elle ne parade ni ne pose. Bref, elle est nue comme nous le sommes dans la vie de tous les jours, c’est à dire, pour nous-mêmes.

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Inde du Sud, 19e siècle

Ce qui est vrai pour les séries télé l’est aussi pour la peinture. Les femmes nues ne sont pas toujours représentées comme des objets. Même si à travers des dizaines de milliers de peintures européennes, il n’y aurait que 20 ou 30 exceptions, selon Berger, où la femme serait représentée pour ce qu’elle est, cela n’est pas le cas dans d’autres traditions non occidentales. Dans l’art indien, africain, perse ou précolombien, par exemple, la nudité est célébrée comme la représentation active de la sexualité entre deux personnes. L’action de l’un absorbe celle de l’autre. Les sujets se regardent en faisant fi du spectateur. À l’inverse, dans le nu européen, la deuxième personne se trouve à l’extérieur du cadre, c’est le spectateur qu’on présume masculin.

Que ce soit dans le nu comme genre artistique, la publicité, le cinéma ou les séries télé, la grande majorité des représentations de la sexualité féminine sont destinées à satisfaire le regard de l’homme hétérosexuel. En 1972, Berger avait dit que les valeurs véhiculées dans la peinture européenne se reflétaient dans les médias contemporains. C’est encore le cas aujourd’hui. Pour reprendre ses termes, dans la série Girls, il y aurait de la nudité, tandis que, dans Game Of Thrones, il serait plutôt question de nu. La première série rompt avec la tradition du nu européen parce que la nudité de Hannah est l’expression de ce qu’elle est, de son propre désir, de sa propre sexualité. En revanche, la deuxième série s’inscrit dans la tradition parce que les corps dénudés sont utilisés pour éveiller le désir des spectateurs mâles.

Les images auxquelles nous sommes exposé-e-s ont des effets sur nos attitudes et nos perceptions. Si la sexualité féminine est si peu présente dans les images qui nous entourent, comment lui accorder alors la place qui lui revient dans la vraie vie? Si la plupart des images sexualisées de femmes que nous voyons, au lieu d’être une expression de leur désir, sont orientées vers le désir masculin, comment ne pas confondre les désirs des femmes avec ceux des hommes qui, eux, sont massivement représentés? Il est plus que temps de rompre avec cette tradition et de faire preuve d’un peu plus d’audace et d’imagination quand nous mettons en scène des corps de femmes nues.

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12 avis sur « La nudité et le nu »

  1. Bref: Ta distinction est très bien expliquée, mais ne s’applique pas vraiment à Game Of Thrones (peut-être aux premiers épisodes):
    Il y a trois monde de femme, trois types de femmes:
    1er: Le monde des riches et puissants, décadent, corrompu, où la femme n’a que pouvoir celui de la séduction, c’est un objet de désir, voire un trophée de chasse, sa parole comme ses choix sont très limités, voire inexistants. Le traitement cinématographique de la femme est donc selon moi adéquat, c’est le monde du Nu et des travers du patriarcat tout puissant
    Deux mondes s’opposent justement à celui-ci:
    2ème monde: celui des « Hommes libres », où la femme est l’égale de l’homme, elle combat à ses côtés, elle est libre de ses amours, il n’y a que de la nudité, telle que tu la décris, l’acte sexuel dans une sexualité partagée sans domination ou qui s’inscrit dans une relation de pouvoir sur l’autre. L’héroïne de ce monde ira même jusqu’à dépuceler un des personnages principaux, très viril, dans une très belle scène, avec tout son savoir…
    3ème monde: celui de la reine des dragons qui lui est carrément féministe. Cette femme est au pouvoir et ses subalternes sont des hommes. Et même en position de pouvoir, elle n’use pas de ce dernier pour régner sur eux, mais pour les libérer (à l’inverse du patriarcat). Elle libère ainsi hommes et femmes de leur esclavage. C’est l’histoire d’une femme qui a été mariée de force et qui s’émancipe non pas par la force, mais par le dialogue et l’amour de l’autre, pour l’autre.

    Voilà, tu sais tout… chacun de ces mondes a le traitement visuel qui lui correspond (le fond et la forme). La série GoT en elle-même aurait suffit à exposer ta distinction puisqu’elle met en image la lutte entre ce que tu décris: le monde du Nu patriarcal et de la nudité « égalitaire ».

    Ouverture: Maintenant, et si je la comprends tout à fait, je trouve très « délicate » la position des féminismes sur la séduction… Faut-il expurger toute forme de séduction ou encore bannir l’érotisme pour être féministe, tout en sachant que séduire, c’est effectivement se mettre en scène, user de son corps – comme un objet – comme source d’attraction ? Où se situe l’érotisme, selon toi, dans ta distinction entre Nu et Nudité ?

    Merci. 😉

    • Le personage de Daenerys Targaryen, en particulier quand elle domine les hommes, est présentée comme un objet sexuel destiné à être apprécié par le spectateur. Tu n’as pas vraiment compris la distinction entre les deux concepts, n’est-ce pas? As-tu au moins essayé? Si tu doutes de ce que je dis, va voir sur Internet. Tu trouveras des clips d’elle nue sur des sites pornographiques où elle est utilisée comme matériel masturbatoire s’adressant à des gens qui s’imaginent qu’elle existe d’abord et avant tout pour leur propre plaisir. Ce n’est pas pour rien que son personnage est si peu développé. Comme dit «Feminada», cela n’arrive pas avec Hannah Horvath. Une personne ne pourrait pas se masturber en regardant des images d’elle nue sans tenir compte de ses particularités en tant que personne et du fait qu’elle existe aussi pour elle-même.

      • Le problàme Alberto, c’est que Daenerys Targaryen ne domine pas les hommes… elle les guide et ils sont libres de la suivre ou non… Les hommes sont aussi dénudés qu’elle, ils sont dans le désert… et il n’y a quasiment pas de scène de sexualité avec elle.
        Et je te rassure, j’ai compris la distinction, qui n’est franchement pas difficile à comprendre… un enfant de 12 ans pourrait la comprendre… et ce, grâce à l’excellente pédagogie de Feminada.

        Toi et Feminada soutenez que le traitement de l’image est le même concernant les prostituées dans le Bordel à Port Réal que pour les autres femmes dans les différents mondes, et nous ne sommes absolument pas d’accord. Les réalisateurs de GoT ne sont pas assez idiots pour cela, et je dirais même que c’est un des seuls intérêts de la série… le traitement cinématographique,visuel, différe selon les mondes qui sont exposés, idem pour la vision et l’exposition des femmes et de leur sexualité.
        NB: Et ce n’est pas parce que je ne suis pas d’accord avec vous (et je suis loin d’être le seul d’ailleurs, pour en avoir parlé avec d’autres personnes), que je n’ai pas compris le texte de Feminada… Mais je ne prendrais pas cela personnel, hein Alberto… 😉

      • Non Jeff, tu n’as pas compris la distinction entre les deux concepts. La preuve, c’est que tu continues de faire référence aux relations que Daenerys Targaryen entretient avec les autres personnages de la série.

      • Alberto, tu parles également des relations que Daenerys Targaryen entretient avec les autres personnes et tu les place d’ailleurs dans une relation de pouvoir: « Le personage de Daenerys Targaryen, en particulier quand elle domine les hommes,… ».
        Bref, je pense sincèrement avoir compris, mais la distinction me parait moins évidente que pour Girls, parce que, selon moi, tous les personnages féminins ou leur sexualité ne sont pas filmés de la même manière (voir la petite rousse dont je parle dans ma réponse à Feminada). Si la théorie est claire (la distinction), il en va autrement dans la pratique, parce que le regard est le lieu par excellence de la subjectivité et de l’ambiguité… Mais je ne pousserai pas plus loin ma « contestation »… 😉 Je peux comprendre que le fait même que ce sont presque toutes des femmes qui correspondent aux canons actuels de beauté féminine occidentale, j’aurai tendance moi aussi à aller dans votre sens. En ce qui me concerne, le principal critère de distinction, c’est lorsque le traitement de l’image est en décallage avec la personnalité du personnage, la thématique abordée ou le sujet de l’oeuvre. Dans ce cas là, pour moi, on passe dans le Nu. Je pense particulièrement au Déjeuner sur l’herbe de Manet… et à la réponse en peinture de Monet… (ces deux tableaux exposent remarquablement la problématique de cette distinction) encore que là, ne s’agissait-il d’une provocation de la part du premier ?

      • Thank you Jeff for referencing Déjeuner sur l’herbe by Manet. The painting certainly does illustrate much of what is at issue. In this respect, we could also mention his paitinting Olympia. Much has been written about them. Coming back, however, to the discussion at hand. As someone who watches Game of Thrones, I have yet to see representations that really are anything but conventional in the way that they participate in a long tradition where « Men look at women and women watch themselves being looked at, » referenced by Berger and Feminada. That is not the case with Hannah in Girls. Sorry for responding in English, but I am pressed for time.

  2. Mais je ne parle pas du scénario : je parle du traitement de la nudité. Tu confonds les deux. Ce dernier est le même dans chacun des mondes que tu décris.

    Pour ce qui est de la séduction, tu reprends le cliché très répandu selon lequel les féministes voudraient, et je te cite, «expurger toute forme de séduction ou encore bannir l’érotisme». Qui a dit ça? Tu confonds «Male gaze» et séduction. Le personnage de Hannah dans «Girls» séduit et a une vie sexuelle. Il est simplement présenté autrement que comme un objet sexuel destiné à satisfaire le plaisir visuel du spectateur.

    • Non, je ne confonds pas les deux… (Nb: en général le fond appelle la forme aussi… La série Girls, sa thématique, avec le scénario qui l’accompagne, n’aurait pu être filmée différemment… ou sinon, ce serait mauvais…). Par exemple, dans le monde des « hommes libres », la petite rousse, en personnage féminin principal, n’est à aucun moment déshabillée inutilement (sinon, on serait dans le « Nu », effectivement). Sa sexualité, ses rapports sexuels, ne sont à aucun moment filmés de mamière à satisfaire le plaisir visuel du spectateur ou dans le cadre d’une relation de pouvoir avec sont partenaire, il s’agit bien de nudité comprise dans un acte charnel.
      « Des seins et des fesses en rafale plaqués de manière décorative pour titiller le spectateur, sans que cela ne serve le récit »: tu me diras comment on filme des prostituées dans un bordel, leurs relations – sexuelles et de pouvoir – avec leurs clients, sans plaquer ces fesses et ces seins ? Assises derrière des paravents avec des pull col-roulés, un éclairage sombre et une caméra qui ne filmerait que les extrémités du corps ?
      Ceci-dit, je suis d’accord pour dire qu’une large part de la série est donnée à l’exposition de corps de femmes « séductrices », objets, certainement pour le plaisirs du spectateur masculins… vous avez totalement raison.
      Et je trouve ton article d’autant plus intéressant que ce phénomène d’hypersexualisation (le « nu »)dans les médias – et dans la société en général – s’applique maintenant aux hommes, je pense à la série Spartacus notamment (où l’on ne compte plus les paires de fesses de gars… les plans de caméras sous leurs jupes lorsqu’ils combattent et les séquences sous les douches…).

      Pour le reste, « séduction » et « érotisme », il s’agit d’une question et non d’une affirmation…

      • Je voulais juste réagir à l’argument fallacieux selon moi, que puisqu’on montre des bordels, il « faut » montrer des femmes nues. Tout d’abord, montrer régulièrement des bordels est déjà un choix particulier de la part des dirigeants, choix qui leur permet d’amener gratuitement des femmes dénudées. Rien ne les obligeait à mettre autant de scènes de bordels, il y en a dans le bouquin, mais peu et qui n’ont jamais à voir avec l’achat de prostituées. Donc rajouter gratuitement des scènes de bordels est bien un choix conscients des réalisateurs. Et ensuite il est tout à fait possible de faire comprendre aux spectateurs que le bâtiment est un bordel sans avoir affaire à une armée de prostituées dénudées pour cela, juste la façade du lieu suffit… Cela cache mal le fait que ce qu’est les réalisateurs voulaient délibérément c’était des femmes nues et sexualisées et qu’ils ont fait ce qu’il fallait pour le justifier. Ils sont même allés jusqu’à créer des personnages de prostitué-es pour pouvoir montrer plus de nu-es !

        Et pour rebondir sur un de vos commentaires précédents qui dit que la vision des femmes dépend du lieu, autant c’est plutôt correct pour Ygritte, dans le Nord, quoique les scènes de nu dans le grand froid auraient été un peu absurdes. Autant pour Daenerys il y a presque une scène de bain avec Emilia Clarke par saison et toutes sont totalement gratuites et largement pour « offrir » l’actrice aux yeux du spectateur masculin. Donc non, le personnage de Daenerys n’échappe pas du tout à la sexualisation gratuite et « objectifiante »… (cela est aussi vrai dans le livre où c’est d’autant plus glauque qu’elle est sensé avoir 14-15 ans quand même)

  3. @ Feminada,
    Vous avez affaire à des gens qui n’ont réfléchi à aucun des concepts : séduction ; objet de désir OU sujet désirant ; réciprocité et complicité ; « male gaze » ; érotisme.
    Pour le dire simplement, y’a des gens qui réfléchissent sur rien OU ne se renseignent sur rien, ET qui ont quand même un avis sur tout.

    Il y a des gens qui en sont encore à croire que l’érotisme implique nécessairement (et à l’exclusion de toute autre possibles) un-sujet-qui-désire-et-un-objet-qui-est-désiré-par-le-seul-sujet-agissant ; donc être contre cette « conception » en boucle de l’érotisme, c’est être contre toutes formes d’érotisme.

    Bon courage et patience pour répondre à des gens qui posent des questions dont la réponse est déjà dans les explications fournies dans l’article.

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